Feuilles d’automne, curcuma, aquarelle et fil de reliure : cette année, nos élèves de 6e ont composé leur propre herbier. Derrière ce projet à la fois ludique et créatif, une conviction : on apprend mieux quand les disciplines se rencontrent et quand chacun peut mettre la main à l’ouvrage
Pourquoi des projets pluridisciplinaires ?
Au collège, les matières s’enchaînent dans l’emploi du temps : sciences, français, arts plastiques… Pourtant, dans la vie, les savoirs ne sont jamais rangés dans des cases. Les projets pluridisciplinaires permettent aux élèves de faire ces liens par eux-mêmes, en mobilisant des compétences variées autour d’un objectif concret.
Ils offrent aussi une autre chance à chacun de briller. L’élève à l’aise avec l’observation scientifique, celui qui a l’œil du dessinateur, celle qui manie les mots avec finesse : chacun trouve sa place et met ses talents au service d’une création personnelle, son propre herbier. C’est une façon d’aborder l’excellence autrement : non pas comme un privilège réservé à quelques-uns, mais comme une exigence accessible à tous, portée par la curiosité et le plaisir de bien faire.
L’herbier, un projet en six étapes
1. Observer et cueillir
Tout commence dehors. Les élèves ont sélectionné des feuilles, des fleurs et de petites branches d’arbres. Une première occasion de s’initier à la botanique : reconnaître les espèces, observer la forme des feuilles, leurs nervures, la disposition des fleurs. Cette cueillette attentive développe le sens de l’observation et le respect du vivant, deux fondamentaux des sciences de la vie et de la Terre.
2. L’anthotype, la magie de l’impression végétale au curcuma
Place ensuite à une technique aussi ancienne que surprenante : l’anthotype. Le papier est enduit d’une émulsion à base de curcuma, puis les végétaux y sont déposés avant une exposition au soleil. La lumière décolore le pigment partout où le papier est découvert, tandis que la silhouette de la feuille reste imprimée. Un véritable procédé photographique sans appareil, qui permet d’aborder de façon très concrète l’action de la lumière sur la matière… et qui suscite toujours un émerveillement au moment de la découverte du tirage !
3. Dessiner pour mieux comprendre
Les élèves ont ensuite réalisé des reproductions détaillées au crayon. Le dessin d’observation oblige à ralentir, à regarder vraiment : on remarque alors une nervure secondaire, une dentelure, une asymétrie qui avaient échappé au premier regard. C’est un exercice de patience et de précision, où le geste artistique se met au service de la connaissance scientifique.
4. Écrire un haïku
Changement de registre avec le français : chaque élève a composé un haïku, ce court poème japonais de trois vers de 5, 7 et 5 syllabes, qui capte un instant de nature. Un exercice exigeant, car il faut choisir chaque mot avec soin pour dire beaucoup en peu de place. Par exemple :
Le soleil d’octobre
dessine sur notre livre
l’ombre d’une feuille
5. Mettre en couleur à l’aquarelle
Les croquis réalisés au crayon ont ensuite pris vie grâce à l’aquarelle. Transparences, dégradés, mélanges de teintes : les élèves ont appris à maîtriser l’eau et le pigment pour restituer les nuances du végétal. Une technique délicate qui demande de la concentration, mais aussi d’accepter une part d’imprévu… ce qui fait tout son charme.
6. Créer la couverture et relier à la japonaise
Dernière étape : transformer toutes ces pages en un véritable ouvrage. Les élèves ont conçu leur couverture, puis assemblé leur herbier selon la technique de la reliure japonaise, une couture apparente qui allie solidité et élégance. Mesurer, percer, coudre avec méthode : une étape très manuelle qui fait appel à la rigueur et à la dextérité. Et quelle fierté de tenir entre ses mains un livre entièrement fait par soi !
Bien plus qu’un herbier
Au fil de ce projet, les élèves ont croisé les sciences, les arts plastiques, la littérature et le savoir-faire manuel. Ils ont appris à observer, à expérimenter, à créer, à persévérer. Ils ont aussi découvert que l’on peut apprendre en prenant du plaisir, à son rythme, et que chaque talent compte.
C’est tout le sens de notre démarche pédagogique à Sainte Union Cœur de Flandre : accompagner chaque enfant avec bienveillance, éveiller sa curiosité et l’aider à donner le meilleur de lui-même. Les herbiers de nos 6e en sont une jolie preuve… et un beau souvenir qu’ils garderont longtemps.












